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Trafic de faux médicaments : Keur Serigne-Bi, une zone de non droit au cœur de Dakar

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Le trafic de médicaments de la rue occupe la troisième place des saisies douanières au Sénégal. Un marché estimé à 12 milliards F CFA. Autrement dit, 25 fois plus rentable que celui de la drogue et cinq fois plus que celui des cigarettes, selon une étude de l’Union Européenne.

A cause de son autonomie de fait, Touba est devenue la plaque tournante de cet énorme trafic.

En novembre 2017, une saisie record de faux médicaments d’une valeur de 1,3 milliards F CFA y a été effectuée. Une plaque tournante qui alimente d’autres sites dont le plus célèbre est Keur Serigne-Bi, sis au Crédit Foncier, à quelques encablures du marché Sandaga.

Un trafic qui s’y fait en toute impunité depuis des décennies à l’image de Touba, comme si Keur Serigne-Bi bénéficiait d’une ex territorialité.

Aucun président n’a jamais osé y mettre un terme, chacun préférant fermer lâchement les yeux, et laisser les vendeurs de mort opérer en toute impunité.

Si beaucoup de ces faux médicaments viennent d’Inde et de Chine, la majorité est fabriquée au Nigéria et dans des conditions et des matières premières qui font froid dans le dos (voir photos) et arrive au Sénégal par la route.

Stockés à Touba, les faux médicaments sont ensuite ventilés sur l’ensemble du territoire.

Sur les médicaments saisis à Touba : « Nous avons trouvé des formes injectables, collyres, pommades et des formes comprimées. Ce tri effectué par des confrères de Diourbel montre que ce sont des produits prétendument destinés à traiter le paludisme, les infections microbiennes, les maladies de l’œil, les troubles de l’érection, et les troubles musculaires ».

Ces mots glaçants, sont de madame Khady Cissé, présidente du syndicat des pharmaciens privés du Sénégal.

Madame Cissé : « C’est contradictoire de continuer de parler de couverture maladie universelle, de gratuité, en mettant l’argent dans le système de santé, et en même temps, laisser le marché illicite s’ établir et se développer. Nous demandons la ratification sans délai de la convention Médicrime qui oblige les états signataires à ériger en infraction pénale la fabrication et le trafic des médicaments contrefaits. Le syndicat ne peut tolérer cela sur le territoire Sénégalais. Nous exigeons la fermeture des dépôts illégaux de Touba qui constitue la plaque tournante de ce trafic à cause de l’impunité qui y règne et du fait de puissants lobbys politique et maraboutique, il faut oser le dire. Nous exigeons la criminalisation de la vente de médicaments illicites, car ce sont des tueurs professionnels »

Serigne Mbacké Ndiaye

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