YOUSSOU NDOUR A SOIXANTE ANS : Autant en apporte le Mbalax !

Partager
  •   
  •   
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Autant le temps a passé, autant la cavalcade de son cours a été elle, au rythme de sa musique. Elle a été de plusieurs tempos. Effrénée, quelquefois lente mais toujours rythmée ou posée, de forme nostalgique, évasive et planage à des moments ou d’autres. Ainsi, le temps a-t-il passé, ni trop rapidement, ni lentement et ne s’est jamais enfermé dans le temps qui passe. 

Youssou Ndour fête ses soixante ans en ce mois d’octobre et cette séquence vient rappeler à tous à travers cette célébration, que nous sommes passés d’un siècle à un autre et que depuis plus de quarante ans, la carrière de cet artiste a aussi rythmé nos vies et nous a fait franchir nos années ados jusqu’à nous conduire à celles du début du troisième âge. Tout un symbole, tout un résumé de ces quarante dernières années qui ont contribué à changer en profondeur le pays et à donner un nouveau visage au Sénégal.

Si tout n’a pas été encore dit sur la carrière de Youssou Ndour, beaucoup a déjà été révélé sur la réussite de cet enfant de la Médina devenu star planétaire.

 Il est né juste à la fin des années 1950 à Dakar.

En quarante ans, il a su imposer un style, un ton qui ont fini de laisser des marques et cette empreinte qui a achevé de faire de lui la première star mondiale en provenance du  Sénégal. Voix de Rossignol, l’enfant de la Médina à la fin des années 1970 qui cherchait à se faire une voix sur la scène musicale sénégalaise de l’époque, est devenu étape après étape la star You après ses expériences au Star Band Ibra Kassé, son passage à l’étoile de Dakar avant la création de son Super Etoile qui a fini par le propulser sur la scène internationale à partir des années 1980.

Chanteur et compositeur, cet héritier des fibres artistiques de par son côté maternel y a ajouté un plus en s’ouvrant à tous les styles musicaux traditionnels comme modernes, d’ici et d’ailleurs. Cette posture opportuniste le rend perméable à toutes les modes, toutes les tendances et assoie un leadership incontestable, indémodable. Cette durée en haut de l’affiche lui permet, ainsi, de  traverser les conjonctures et de résister aux caprices des modes du moment et des tendances de l’époque.

S’il n’est pas celui qui fait les modes, il est tout de même celui qui impose les tendances… et donc fait les modes.  Ce qui est une forme de talent, car sur le continent tout comme parmi les autres artistes de la scène mondiale, se produire avec Youssou Ndour ou à côté de lui a fini par devenir un must ou même une consécration pour certains quand ils parviennent à faire un spectacle avec lui.

Les mythologies et les mythes fondateurs de tous les peuples de la Terre  partagent souvent les même légendes  qui sous forme de contes et légendes façonnent l’imaginaire des individus sous tous les cieux de la planète. Ainsi raconte-t-on dans les sociétés autant arabes, occidentales qu’africaines, les récits du prince charmant, de la belle princesse emprisonnée ou d’autres contes de fée magnifiant et transformant en réussite la vie et l’existence des gens de conditions modestes. On pourrait adapter une variante  de cette histoire des contes de fée avec la réussite de Youssou Ndour.

Rien qu’avec la langue ouolof, un idiome ou dialecte africain et avec les percussions comme le sabar et le tama, il est allé à la conquête du monde et a pu faire découvrir le « Mbalax » sur la planète musique comme le Soukouss, le Raï ou la Mbaquamba, les musiques africaines les plus mondiales.

Tout de même, son seul « disque d’or », le tube international  « seven seconds » en duo avec la chanteuse Neneh Cherry est une ballade pop-rock, composée et arrangée avec une mélodie et une orchestration occidentale. Youssou Ndour a toujours osé et s’ouvre à toutes les tendances rock, folk, rap, latino et  à tous les horizons afin de ne pas s’enfermer dans un style précis et surtout dans un ghetto musical ou ethnographique. 

Pourtant, Youssou Ndour n’est pas un grand vendeur de disques par centaines de millions d’exemplaires comme Michael Jackson, les Beatles, les Suédois ABBA, la canadienne Céline Dion ou Bon Dylan malgré la qualité remarquable de certains de ses albums internationaux produits aux USA ou en Europe. Son audace et ses ouvertures lui ont élargi des horizons artistiques au-delà de la musique et l’ont ainsi amené jusqu’au cinéma où il a tenté quelques expériences comme l’ont osé, avant lui, des stars comme Mick Jagger, Johnny Halliday. 

Il est aussi tête d’affiche pour des œuvres humanitaires ou pour des engagements au profit d’associations comme Amnesty International, l’Unicef. Il est choisi avec l’artiste belge Mauranne pour composer l’hymne de la Coupe du Monde France 98, siège à la Fondation Jacques Chirac.

Aux côtés des Britanniques comme Sting (Ex Police) ou Bono du groupe irlandais U2, il sillonne la planète pour prêcher la bonne parole auprès des hommes politiques et des grands capitalistes.

Au Sénégal, en quarante ans, il a fini de devenir un véritable et redoutable homme d’affaires car de sa première société Saprom à son groupe de presse actuel, GFM, il est passé par Xippi, Youssou Ndour Head Office et d’autres… pour montrer que l’on pouvait être saltimbanque, sérier et faire de sa vie un roman qui est l’histoire d’une réussite sénégalaise.

Nous avons grandi avec lui, évolué avec lui et pris tous un coup de vieux sans vieillir et nous rendant pas compte que le temps a passé et que les temps ont changé. Bob Marley avec le reggae avait réussi la même prouesse. 

Chapeau l’artiste !

Nhnews

%d blogueurs aiment cette page :