Bracelet

Le Bloc-notes de Abdou GNINGUE – Refus du progrès

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Dans le cadre d’une meilleure organisation de la vie carcérale dans notre pays, le gouvernement a décidé d’adopter le système du bracelet fixé à la cheville ou au poignet de celui qui a maille à partir avec la justice. Ce système adopté depuis des lustres dans beaucoup de pays à travers le monde a fini de faire son efficacité. Mais alors, pourquoi certains droits de l’hommistes sénégalais veulent toujours rouler à contre courant de toute décision prise par le gouvernement même allant souvent dans le sens du progrès?

Il n’y a rien à faire. Il faut protester toujours protester contre l’autorité pour contenter les bailleurs qui mettent des sous dans leurs organisations. Cette décision d’adopter le bracelet pour les détenus vient à son heure.

En effet, alors que nos prisons sont plus que surpeuplées. Elles sont invivables! Pourquoi donc rejeter une solution qui permettrait de les désengorger? C’est insensé voir stupide. Pourtant ces droits de l’hommistes, ne ratent jamais  l’occasion de crier à cor et à cris sur la nécessité de rendre plus viables les lieux de détention en demandant aux procureurs ou aux juges d’être plus cléments envers les délinquants. Ça n’est pas une solution car celui qui a enfreint la loi doit être puni. Maintenant cette punition va être…humanisée parce qu’il lui sera possible avec son bracelet de purger sa peine auprès de ses proches.

Sa réintégration au sein de la société sera beaucoup plus facile parce que déjà il vit au sein de cette…. société avec son bracelet. Il serait plus difficile d’affronter le voisinage une fois sorti de la prison après avoir purgé sa peine, qu’importe la durée de ce séjour. Vous marchez dans la rue et les gens vous regardent de travers. Sans compter que pendant la détention cette humiliation morale quotidienne subie tous les jours  devant la prison par un de vos proches chargés de vous nourrir.

Avec le bracelet ne sera plus qu’un mauvais souvenir. Faites un tour auprès des familles des détenus pour demander leur avis sur ce fameux bracelet. Notre contestataire devrait aller faire un sondage à la prison  de Rebeuss construite pour 500 personnes, qui en accueille aujourd’hui…2000 personnes. Non, arrêtons ce faux débat et osons nous insérer dans la voie du progrès. Quand les téléphones portables sont sortis, qui aurait pensé que nos vieilles mamans assises dans un coin de rue avec leurs petits sachets d’arachides grillées allaient l’adopter pour ne pas dire le maîtriser. Quand on crie au changement on vous le sert dans un plateau d’argent parce que moderne, vous continuez à protester. Cela veut dire que vous êtes partisans de cette fameuse théorie comme quoi il faut changer le système pour que rien ne….change. 

Cette année encore nous avons eu droit à deux Korites. Beaucoup de gens qui trainaient les pieds pour débuter le ramadan, se sont ralliés très vite à ceux qui ont interrompu le jeûne pour fêter la Korite samedi.

Mon oncle Diégane qui n’a pas démarré son mois de ramadan avec ceux là qui ont fêté le samedi s’est rallié à leur décision disant qu’il avait eu tort de ne pas avoir commencé avec eux. Il était devenu la risée d’un voisin Pulaar qui l’avait invité à déguster un bon Lachiri Haako à midi alors que d’habitude cela se mange le soir au dîner!

Quand mon oncle lui fait la remarque, il lui rétorque qu’il avait envie de ce Lachiri Haako et ne pouvait pas attendre le soir, tant il était pressé de déguster son plat préféré. Mon oncle qui pensait à un bon plat de macaroni plein de viande, le tout accompagné par une bonne miche de pain, a perdu son appétit et regretté d’avoir voulu accompagner son cousin Al Pulaar dans cette fête de Korite. 

Abdou GNINGUE Journaliste Citoyen du monde rural

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