À la Une de la presse Africaine : Encore et toujours des actions terroristes au Sahel

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Les attaques contre les militaires et les massacres contre les civils se suivent et se ressemblent au Niger et au Burkina Faso.

« Le 27 avril dernier, rappelle Le Pays à Ouagadougou, c’est une patrouille anti-braconnage qui tombait en plein jour, dans une embuscade d’hommes armés non identifiés, sur l’axe Fada N’Gourma-Pama, où trois Européens trouvaient la mort. Une semaine plus tard, c’est-à-dire avant-hier lundi, une trentaine de civils burkinabè étaient massacrés à Kodyel, dans la Komondjari. Il s’agirait d’une expédition punitive : des représailles contre le récent enrôlement, dans ladite localité, de Volontaires pour la défense de la patrie qui semblaient, avec leur famille, les principales cibles des assaillants. »

Et puis, au Niger, dans la région de Tahoua à l’est de Niamey, 16 soldats ont été tués le week-end dernier dans une embuscade, rapporte le site Événement Niger. « Les assaillants pourraient être des terroristes de l’EIGS, l’État islamique au grand Sahara, qui écument cette région. Rappelons qu’en mars, souligne Événement Niger, c’est dans cette même partie du territoire nigérien que des éléments de l’EIGS avaient mené une vendetta pour exécuter plus de de 150 personnes. Ce groupe terroriste cherche apparemment à ouvrir un nouveau front après celui des Trois frontières, pour prendre le Niger, déjà mal en point, en tenailles. »

La quasi absence des États

Toutes ces attaques, constate WakatSéra, viennent « rappeler la régularité avec laquelle ces « hommes armés non identifiés » écument le Sahel, du Burkina Faso au Tchad, en passant par le Niger et le Mali, endeuillant les Forces de défense et de sécurité, et désormais, davantage, les populations civiles. Plus inquiétant est sans doute le grand nombre de ces groupes armés dans leurs expéditions meurtrières, auquel il faut ajouter l’aisance avec laquelle ils opèrent dans des villages où les habitants sont comme livrés à eux-mêmes. L’État, n’existe pratiquement plus dans ces contrées où les civils ne savent plus à quel saint protecteur se vouer. »

Un terreau favorable

« Le péril terroriste continue donc à s’étendre dans la région, renchérit Ledjely en Guinée. Le fait notamment pour l’opération Barkhane d’éliminer quelques figures charismatiques du Mal n’a manifestement pas suffisamment d’impact sur la progression de ce dernier. À la place d’un leader qu’on « neutralise », on a des centaines de jeunes qui sont recrutés pour perpétuer la doctrine obscurantiste dont ils sont gavés par le biais d’un lavage de cerveau des plus sophistiqués. Mais si les idéologues de la terreur ont un tel succès au Sahel, pointe Ledjely, c’est parce que le contexte leur est quelque peu favorable. Ce n’est en effet pas si difficile d’endoctriner des jeunes sans emploi et sans revenu et qui, dans certains cas, ne sont pas à l’abri des exactions perpétrées par les forces gouvernementales elles-mêmes. Il est donc temps de sortir des illusions pour faire face à la réalité. »

Revoir l’ordre des priorités

Alors, faut-il changer la stratégie actuelle de lutte contre le terrorisme islamiste au Sahel ? Oui, répond la politologue Niagalé Bagayoko, membre de la Coalition citoyenne pour le Sahel, interrogée par Le Point Afrique. Il faut « une nouvelle approche qui soit avant tout centrée sur les besoins des populations, affirme-t-elle, et qui n’ait pas pour principale mesure de succès le nombre de « terroristes neutralisés », recensés dans les communiquées des armées nationales ou internationales impliquées au Sahel. Cela suppose notamment d’évaluer l’efficacité des opérations en répondant aux questions suivantes : combien d’écoles et de centres de santé ont pu être rouverts grâce à l’intervention militaire ? Les populations peuvent-elles accéder désormais à leurs champs pour les cultiver ou aux pâturages pour élever leur bétail ? L’accès des populations aux marchés dans les villages voisins a-t-il été libéré par les opérations ? Celles-ci ont-elles permis les retours sûrs, volontaires et informés, de déplacés et réfugiés ? (…) L’urgence, pour nous, conclut Niagalé Bagayoko, c’est de revoir l’ordre des priorités en complétant l’approche antiterroriste par une réponse qui privilégie la protection des civils, la lutte contre l’impunité et la crise de gouvernance. »

Source Rfi

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