Enlèvement d’Olivier Dubois au Sahel : Le journaliste Français revit dans sa chair le roman de l’écrivain Serigne Mbacké Ndiaye

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«Je m’appelle Olivier Dubois, je suis Français et je suis journaliste. J’ai été kidnappé à Gao le 8 avril 2021 par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans. Je m’adresse à ma famille, mes amis et aux autorités Françaises pour qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour me faire libérer. » 

C’est en ces termes que le journaliste (assis sous une tente et vêtu d’un caftan demi-saison rose clair) apprend au monde son rapt par le GSIM. Nous sommes le 05 mai 2021.

La France  confirmera le kidnapping quelques heures plus tard.

« Nous sommes en lien avec sa famille et ses proches. Nos services effectuent actuellement les vérifications techniques d’usage sur la vidéo qui a été diffusée »  intervient publiquement  Gabriel Attal  porte-parole du gouvernement Français.

La France qui n’avait plus de ressortissants  entre les mains des Islamistes  depuis la libération  le jeudi 8 octobre 2020 de l’humanitaire Sophie Pétronin (après 4 ans de captivité) replonge dans l’horreur des prises otages.

Sa diplomatie, les Fama (Forces armées Maliennes)  et surtout ses services secrets  et la Force Barkhane sont d’ors et déjà mobilisés pour retrouver le prisonnier sain et sauf.

Si Olivier Dubois avait lu le dernier roman de Serigne Mbacké Ndiaye en instance de parution chez Edilivre en France avant de faire le voyage de Gao, il ne serait certainement pas entre les mains des djihadistes  en ce moment.

Couverture du livre

En effet, le scénario de l’enlèvement du journaliste épouse si fidèlement la trame de son roman OTAGE AU SAHEL que c’en est époustouflant.

Comme Olivier Dubois, Jenny Weather, l’héroïne du roman est une journaliste occidentale Free-lance et correspondante pour plusieurs médias. Comme lui, elle s’intéresse de très prés aux mouvements Islamistes. Et tous les deux ont été piégés par les djihadistes au courant de l’intérêt qu’ils leur portent.

Des Islamistes qui ont utilisé le même modus operandi  pour les affriander : leur faire miroiter une interview   avec un cadre de leur mouvement.

Abdel Malik al-Hassan, lieutenant d’Abu Bakr al-Baghdadi ( émir de l’Etat Islamique ) pour Jenny Weather et Abdallah Ag Albakaye, proche de Iyad Ag Ghali ( émir du Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans ) pour Olivier Dubois.

Le contact avec les terroristes a été établi par un fixeur (intermédiaire qui sert de facilitateur dans le jargon journalistique)  pour tous les deux : Mamadou Traoré pour la journaliste et Souleymane pour le journaliste.

Alors que les  prises d’otages ont toujours relevé de l’opportunisme (un touriste ou un humanitaire imprudent) leurs enlèvements ont fait l’objet d’un plan sophistiqué  et la cible identifiée et choisie.

Olivier Dubois est Français et le piège tendu à  Gao, Jenny Weather a été attirée des Usa vers Zabré une localité à l’est du Burkina Faso désormais sous la coupe des terroristes.

Cependant, si cette dernière a été enlevée au Burkina Faso, la destination de ses ravisseurs était le Mali… comme pour Olivier Dubois.

L’Etat Islamique  au Grand Sahara affilié  à L’Etat  Islamique  pour Jenny Weather et  le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans  affilié à Al- Qaïda pour Olivier Dubois.

Les deux mouvances djihadistes  qui se battent pour le contrôle du Sahel  et qui en prenant en otage des  journalistes occidentaux se paient non seulement une méga publicité, mais peuvent en espérer des retombées  financières substantielles. 

Le sort des deux journalistes sera t-il identique jusqu’au bout ?

En d’autres termes, la France fera-t-elle appel à ses Forces Spéciales  pour libérer son journaliste comme elle l’avait  fait  le 10 mai 2019 au Bénin avec Patrick Pique et Laurent Lassimouillas  ou optera-t-elle pour des négociations comme avec Sophie Pétronin ?

L’opération Commando  au Bénin s’était tout de même soldée par la mort de deux  soldats.

Quant à Jenny  Weather, ce sont les Forces Spéciales  de la US Army  qui ont été envoyées pour la tirer des griffes de l’ Etat Islamique au Grand Sahara.

Ndeye Talla Cissé 

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