Implantation sauvage des usines de farine de poisson : Une menace pour la sécurité alimentaire

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Elles sont de plus en plus visibles sur le tissu industriel Sénégalais. Une bonne nouvelle pour l’emploi serait-t-on tenté de dire. Pas si vite :

«Comment expliquer le fait que des usines de farine de poisson soient installées sur un simple avis de l’Apix, du ministre du commerce et d’autres ministères sans l’avis du ministère de la pêche qui est concernée ? Il faut 5 tonnes de poissons frais pour avoir une tonne de farine de poissons. Le métier de transformation des produits halieutiques risque de disparaitre. Parce que ce qui devrait être réservé à la transformation est destiné aux usines de farine de poisson. La farine de poisson va nourrir des animaux en lieu et place des hommes», se désole  Mamadou Diop Thioune, coordonnateur du comité national du dialogue social de la pèche aquaculture et ressources offshore et par ailleurs porte-parole de l’interprofession de la pêche artisanal

Le Dr Aliou Ba, manageur de la campagne Océan à l’Ong Green Peace Afrique ne dit pas moins : «On constate actuellement qu’il n’y a plus de ressources et les prix de ces ressources ont grimpé ces derniers temps. Nous ne comprenons pas pourquoi ces ressources sont utilisées pour produire de la farine et de l’huile de poisson pour aller nourrir d’autres animaux, alors que les populations de l’Afrique de l’Ouest et du Sénégal en ont besoin pour leur sécurité alimentaire. Nous sommes surpris de voir qu’il y a encore deux autres usines de farine de poisson qui vont opérer au Sénégal. Il s’agit de l’usine de Cayar et celle de Sandiara, alors que l’Etat avait promis de geler les nouvelles licences pour ces usines. (…) On avait demandé pour plus de transparence dans la gestion des ressources que l’Etat publie la liste des navires qui sont en train d’opérer au Sénégal. On n’a toujours pas cette liste. Donc, il y a un problème sérieux de transparence dans la gestion des ressources. Et ça c’est quelque chose qui va en défaveur de la gestion durable des ressources en Afrique de l’Ouest. Nous pensons que les Etats doivent faire plus d’efforts dans la transparence et aussi arrêter ces industries de farine et d’huile de poisson en Afrique de l’Ouest», conclut Dr Aliou Ba. 

Nhnews

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