LE FAIT DU JOUR – Les Niayes de Pikine : Le Poumon de Dakar malade

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A l’image de la nicotine, de l’alcool ou des particules fines qui s’attaquent petit à petit au poumon causant Asthme, bronchite, cancer ou cirrhose, l’action corrosive de l’urbanisation sauvage est en train de miner le dernier poumon de Dakar, les Niayes.

Cette bande de verdure qui serpente de Lendeng, ( Rufisque ) à Mbawane (Thiès), en passant par Bambilor, Dène, Bayakh, Djender, Keur Mousseu et Kayar est pourtant cruciale en ce qu’elle purifie l’air grâce à la photosynthèse et alimente les populations grâce à ses périmètres agricoles.

En effet, en retenant le gaz carbonique et en dégageant de l’oxygène, les Niayes jouent pour Dakar le même rôle que les poumons pour l’organisme.
Les poumons qui purifient le sang pollué de dioxyde de Carbonne et l’approvisionnent en oxygène.

On estime mieux l’importance des Niayes quand on sait que Dakar se caractérise par un taux de pollution très élevé du fait du nombre exponentiel de véhicules en mauvais état et qui fonctionnent au gasoil. Sans compter les usines qui charrient à longueur de journée du dioxyde de Carbonne.

Les Niayes qui sont aussi une zone horticole par excellence est indispensable pour l’équilibre alimentaire des populations.
Une grande partie des fruits et légumes consommés par les Sénégalais sont cultivés dans les Niayes.

« Dans toute cette zone, il n’y avait que des champs à perte de vue, mais c’est un domaine national de plus en plus morcelé au profit des promoteurs immobiliers. Les espaces convoités dans ces zones, situés pour la plupart sur des cuvettes, sont de plus en plus remblayés, viabilisés et morcelés par des promoteurs immobiliers » se désole Ibrahima Mbengue, le président du Groupement des maraichers des Niayes dans un entretien avec l’ APS.

« A Sangalkam, Bambilor, Tivaouane Peulh, Déni Malick Guèye, Keur Ndiaye Lô ou Keur Daouda Sarr, des champs s’étalaient à perte de vue à côté des fermes avicoles » se souvient Massèye Diop, l’un des plus grands producteurs locaux.

‘’La zone de Lendeng, dans le département de Rufisque-Est, satisfait près de 56 % des besoins en produits alimentaires de la région. La disparition de cette zone signifie la raréfaction des fruits et légumes à Dakar’’, prévient un chercheur.

« Des périmètres agricoles exploités par des familles implantées dans la zone depuis des générations sont remplacées par de nouvelles cités et habitations aux noms évocateurs des coopératives d’habitat des entreprises de Dakar « conclut l’ Agence de Presse Sénégalaise.

La disparition qui semble inéluctable des Niayes aura pour conséquence non seulement une multiplication des maladies liées à la pollution de l’air, mais aussi une aggravation du déficit alimentaire, alors que les populations ont déjà du mal à faire deux repas par jour.
En remplaçant les arbres par du fer et du béton, on ne gagne donc pas au change.

Le Grand Sachem Sitting Bull l’ avait d’ailleurs théorisé :

« Lorsque l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau, tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l’argent n’est pas comestible. »

Serigne Mbacké Ndiaye

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